Alternative Université Bordeaux 3

Quelques mises au points par Jean-Yves Coquelin

Quelques mises au point

 

 

Par Jean-Yves Coquelin

 

 

Sans vouloir alimenter outre mesure les polémiques, nous nous devons de réagir face à la désinformation manifeste dont les candidats Alternative font l’objet et face aux manipulations qui visent à discréditer notre action politique. La liste des mises au point qui suit est longue. Elle ne prétend pourtant pas être exhaustive. Nous n’avons pas ouvert de rubrique intox/désintox sur notre blog comme « Partages » (dans quel sens d’ailleurs ?), mais nous aurions eu matière… Nous avons préféré être constructifs plutôt qu’acides. Mais il devient impossible de ne pas réagir quand on constate les voies que prend cette manipulation.

 

1/

A commencer par l’utilisation de la chronique de Pierre Dubois qui vient de vous être envoyée ce matin dans un message de la liste « Partages ». On y lit que « selon nos sources bien informées, Alternative n’a pas de vocation à gouverner l’université ». J’ai sursauté, hier, en découvrant ces lignes. Qui sont ces sources bien informées qui nous dénient le droit de vouloir gouverner cette université et d’en avoir même l’intention ? Qui a parlé au nom d’Alternative ?

Bien sûr, j’ai réagi aussitôt et Pierre Dubois m’a offert un droit de réponse, intégré quelques minutes plus tard sous forme d’une mention dans sa chronique. Il m’a également invité à rédiger un commentaire pour plus d’explication, texte que je lui ai transmis et qu’il a publié immédiatement. Mais tout cela, la liste « Partages » se garde bien de l’évoquer dans son message. Mieux : elle a trouvé un lien électronique, diffusé dans le corps de son mail, qui conduit à une page présentant ladite chronique sans mon droit de réponse.

Vous pouvez le vérifier par vous-même.

Le blog de Pierre Dubois intégrant le droit de réponse d'Alternative : http://blog.educpros.fr/pierredubois/2012/02/28/3-candidats-a-bordeaux-3/

Le lien envoyé par « Partages » : http://blog.educpros.fr/blog/2012/02/29/3-candidats-a-bordeaux-3/

« Selon nos sources bien informées, Alternative n’a pas de vocation à gouverner l’université. » Qui a glissé cette « information » à Pierre Dubois ? D’où vient ce merveilleux exemple de désinformation, de manipulation caractérisée ?

Ce que je constate, c’est que quelques instants après la publication de la chronique de Pierre Dubois, Rémy Chapoulie, candidat « Partages » ne pouvait s’empêcher de poster une salve d’applaudissements : « Bravo à Pierre Dubois pour la justesse de son observation et la finesse de ses commentaires… »

Tout cela mérite encore une fois d'être vérifié par vous-même : blog de Pierre Dubois.

 

Alors : intox ou désintox ? A vous de juger.

 

 

2/
Jean-paul Jourdan, lors du débat, est revenu sur le recalibrage de l’offre de formation, faisant référence à la lettre ouverte qu’il vous a adressée le 30 janvier, en réponse à mon « édito » annonçant une augmentation de notre DGF (Dotation Générale de Fonctionnement) supérieure à ce que l’on attendait. J’y dénonçais le fait que l’on ait encore demandé un effort de réduction des maquettes de formation pour des raisons budgétaires alors que nous n’en avions pas financièrement réellement besoin. Je maintiens ce constat qui peut être vérifié facilement. Si j’ai préféré début février ne pas poursuivre cette polémique, c’est que j’avais bien conscience de la lassitude que peut entraîner pareille controverse aux accents des plus techniques (mais aux effets cependant bien palpables pour nos étudiants).

Alors que l’envoi de la notification de la DGF confirmant cette augmentation supplémentaire est imminent (d’après les informations que j’ai pris soin de recueillir auprès de la DGESIP) et qu’aucun membre de l’équipe présidentielle ne semble utile de faire le siège du ministère pour obtenir l’assurance de cette augmentation de nos moyens, j’affirme aujourd’hui encore que ce dernier recalibrage était inutile et se justifiait d’abord par une volonté de discréditer mon action à la vice-présidence de notre université.

« Dire qu’il faut renoncer au recalibrage de l’offre de formation qui représente un enjeu financier de plus de 750 000 € (sur la base de 15 000 heures à 50 €) parce qu’on va sans doute disposer de 175 000 € de plus que prévu initialement, ce n’est pas sérieux. » Ces chiffres, tels que présentés par Jean-Paul Jourdan dans sa lettre ouverte, sont manipulés pour vous laisser croire que j’affabulais, que je n’étais pas « sérieux ». J’ai démontré, lors du dernier CEVU comme lors du précédent (dont vous ne trouverez bien sûr pas de procès-verbal), que l’économie attendue par ce recalibrage était de moins de 250.000 € sur l’exercice 2012. La réduction de 15.000 heures sur l’année 2012-2013 n’entraînera en effet qu’une économie de 5000 heures sur l’exercice 2012, correspondant au seul premier semestre, soit environ 250.000 €. Dès lors que le budget 2012 avait été construit sans tenir compte de cette augmentation supplémentaire de plus de 175.000 €, nous savions qu’il n’était plus nécessaire de pratiquer ces dernières coupes sombres. C’est bien pour d’autres raisons que cette opération a été maintenue : pour que l’équipe n’ait pas à se dédire au moment où elle avait demandé, dans l’urgence, un travail pénible aux équipes de formation, et pour que l’on puisse continuer à m’accuser d’avoir défendu une offre de formation insoutenable.

Un dernière précision. Derrière ce recalibrage (novmot pour dire réduction), se cachent deux types d’opération : des modifications des maquettes (réduction des heures/étudiant, transformation CM/TD, mutualisation) et des ajustements de nombre de groupes de TD en fonction des effectifs constatés. Ce à quoi je me suis opposé, ce sont uniquement les opérations de modification des maquettes. Les opérations d’ajustements sont, elles, parfaitement régulières et sans effet sur les maquettes. Si l’on s’était contenté de pratiquer ces ajustements, on se serait rendu compte que les économies prévisionnelles pour 2012 ainsi dégagées suffisaient largement à garantir la soutenabilité financière de notre offre, sans devoir réduire encore nos maquettes habilitées, dès lors que nous disposions d'une DGF plus importante que prévu.

Tout cela peut être vérifié à l’aide d’une simple calculette, à condition de ne pas se laisser berner par la présentation des chiffres.

 

Et que dire des propos de Linda Lawrance, candidate VP CEVU, qui, lors du débat, s’est félicitée de la « créativité » des équipes au cours de ce recalibrage ? Que c’est une étrange conception du rôle de VP CEVU que d’en faire un admirateur de la belle manière avec laquelle les enseignants ont été contraints d’accepter de réduire leur ambition pédagogique pour s’accommoder d’un calibre budgétaire qui leur a été inconsidérément imposé. Ce n’est pas cette conception qui m’avait conduit à postuler à ces responsabilités en mars 2009.

 

Je ne nie pas que notre travail collectif sur l’offre de formation quinquennale a été problématique et je m’en explique ouvertement sur notre blog Alternative en assumant toute ma part de responsabilité et en en tirant, il me semble, des leçons. Je ne nie pas les difficultés d'encadrement et de gestion de cette nouvelle offre de formation. Ce que je considère malhonnête intellectuellement, c’est d’avoir voulu faire croire à tout prix, depuis le mois de novembre 2011, que les problèmes rencontrés étaient le résultat d’une inconséquence dont je serais responsable, alors même que j’ai toujours travaillé rigoureusement sous la pression justifiée des impératifs budgétaires et que c’est bien le virage mal négocié du passage aux RCE qui a remis en cause tout le travail que nous avions patiemment et difficilement élaboré. Il est trop facile de faire porter le chapeau à l’offre de formation et à l’ex-VP CEVU pour mieux dissimuler les têtes qui devraient s’en affubler.

 

Là aussi : à vous de juger.

 

 

3/
Parmi les propos tenus lors du débat du 23 février, certains méritent d’être relevés et dénoncés tant ils sont les signes d’une campagne de dénigrement insidieuse dont font l’objet les candidats Alternative.

 

Jean-Paul Jourdan, dans le débat, insiste sur le fait que « Partages présentent des listes complètes de candidats », stigmatisant par là le fait qu’Alternative ne propose que des listes incomplètes. Oui, nous proposons des listes incomplètes dans les collèges A des trois conseils et dans les collèges B et D du conseil scientifique. Que faut-il y voir ? Le fait que nous avons constitué ces listes sans chercher à débaucher qui que ce soit, dès lors que des engagements avaient été pris ailleurs ou que les quelques personnalités que nous avons contactées ne souhaitaient pas s’engager comme candidats, même, parfois, si elles soutenaient notre démarche. Car il faut un certain courage et une énergie renouvelée pour oser se démarquer et se relever de la déception provoquée par la mandature qui s’achève. Plutôt que de stigmatiser les listes incomplètes, il vaudrait mieux se féliciter de ce que nos candidats osent, en conscience, défendre leurs idées et un projet alternatif, en se dégageant de toutes les pressions qui leur sont opposées.

 

Jean-Paul Jourdan insiste également sur le fait que plusieurs candidats « Partages » ont assumé des responsabilités « dans la durée » (à écouter, 1ère partie, 7’12’’ : vidéo), dénonçant en creux le fait que trois têtes de liste Alternative ont volontairement démissionné entre 2009 et 2011. L’attaque est claire : ceux qui démissionnent ne sont pas fiables, pas sérieux. On peut pourtant penser exactement le contraire. Si André-Frédéric Hoyaux, Yves-Charles Grandjeat et moi-même avons interrompu nos mandats de vice-président délégué, de chargé de mission ou de vice-président, c’est parce que nous ne nous reconnaissions plus dans la manière dont le projet PAR était mis en œuvre. Nous n’étions pas les seuls à l’intérieur de l’équipe à penser ainsi, mais nous avons été les seuls à en tirer des conclusions claires. Il faut là encore un certain courage pour renoncer à ce pour quoi on s’est battu lorsque les chemins suivis ne sont plus ceux qu’on avait imaginés, un certain effort de lucidité pour regarder les réalités en face, une certaine forme d’humilité pour ne pas s’accrocher à un siège dont le sens s’est perdu. Une certaine forme d’intégrité.

Il est du reste paradoxal de constater qu’alors que le groupe PAR reprochait fort justement à Pierre Beylot et Philippe Baudorre de ne pas avoir démissionné après le maintien du président Singaravelou le 7 avril 2008 (qu’ils avaient appelé lui-même à démissionner après la défaite enregistrée aux élections aux trois conseils), c’est la critique inverse qui est implicitement adressée aux candidats Alternative qui ont, eux, su prendre acte des divergences politiques apparues durant la mandature.

 

Et comme l’amnésie ne s’arrête pas là, c’est le même Jean-Paul Jourdan qui contredit, d’une élection l’autre, ses propres arguments. « Partages, c’est une équipe de collègues expérimentés… qui assurent des responsabilités… une équipe qui connaît les dossiers de l’université. » (à écouter, 1ère partie, à partir de 6’54’’ : vidéo). Il est étrange d’entendre dans sa bouche l’argument même qu’utilisait Philippe Baudorre en février 2008, argument face auquel le groupe PAR revendiquait le droit à l’alternance et considérait que la « connaissance des dossiers » ne justifiait pas qu’une équipe sortante continue de les traiter d’une manière insatisfaisante.

Même phénomène de renversement des arguments lorsque Jean-Paul Jourdan balaie le nécessaire rééquilibrage politique/administration en le qualifiant de « poncif » (à écouter : première partie, à partir de 30’09’’, puis à partir de 34’53’’ : vidéo). C’est pourtant cet argument que le groupe PAR avançait dans sa critique de la mandature Singaravelou et de la candidature de Philippe Baudorre à la présidence. Mais cette critique est donc pour Jean-Paul Jourdan désormais caduque. Il faut bien reconnaître cependant que beaucoup de collègues jugent que le rôle de l’équipe présidentielle supposément politique est devenu trop administratif et que les décisions prises sont fortement dépendantes de la manière dont elles sont préparées par l’administration centrale qui imprime sa vision, notamment en matière de choix budgétaires, d’organisation administrative et de partage du pilotage.

 

 

4/
Enfin, il convient - ce qui n’a pas été possible dans le déroulement du débat - de répondre à Pierre Beylot qui a affirmé, dans sa défense de la NUB, que nous devions nous réjouir des 700 millions d’euros sur 10 ans accordés par l’Etat dans le cadre de l’IDEX (à écouter : 1ère partie, 1h32’26’’ : vidéo). Ce qu’il faut d’abord remarquer, c’est que cette IDEX (Initiative D’EXcellence) a été sélectionnée sans qu’il ait été besoin de bâtir la Nouvelle Université de Bordeaux tel qu’il est prévu dans le schéma avancé.
A propos des difficultés rencontrées dans la constitution des universités fusionnées, il est cocasse et inquiétant d’observer la situation de la nouvelle Université de Lorraine – évoquée par Pierre Beylot - qui doit procéder à une nouvelle élection de son CA après son invalidation, tant la réglementation contraignante sur la constitution des listes - devant équitablement représenter les établissements fusionnés - devient ingérable. Voir à ce propos (également !) le blog de Pierre Dubois : Lorraine, on recommence tout ?

 

En vous remerciant d’avoir pris le temps de lire jusqu’au bout ces éclaircissements, et en vous donnant rendez-vous le 6 mars,

Très cordialement,

Jean-Yves Coquelin

 



01/03/2012
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