Alternative Université Bordeaux 3

4 > pour la recherche

 

La recherche dans son environnement

 

Sans doute devons-nous préserver les « spécificités » de la recherche conduite dans nos champs. Mais pas au point de nous rendre invisibles à l’environnement institutionnel. La recherche se fait dans les universités, c’est un effet de sa « mutualisation ». Qu’est-ce que la mutualisation sinon un partenariat avec des organismes extérieurs à l’université (CNRS, ANR…) et parfois à la recherche (Région…). Pour poursuivre nos travaux, nous devons à la fois faire mieux connaissance avec ces partenaires et nous faire connaître d’eux. Cela sans compter le dispositif de l’excellence : quoi qu’on en pense, il se met en place. Là aussi il faut se montrer en lisant les lignes, même brèves, du schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation qui peuvent nous concerner. La mutualisation de la recherche, ce sont des cartes rebattues avec le CNRS « territorialisé » tout contre les IDEX comme pilote disposant de la vision nationale, l’ANR et la Région comme financeurs, l’IDEX comme distributeur.

 

Animer la recherche

 

Pour répondre à cette nouvelle donne, nous ne pouvons qu’utiliser l’existant mais en travaillant autrement, en nous organisant, en faisant corps. Utiliser l’existant, c’est se baser sur les contrats vieux d’un an et devant nous conduire jusqu’à 2015. En extraire les « séminaires » et moment d’échanges ouverts susceptibles de provoquer d’autres intérêts que ceux ne relevant que de la stricte spécialité. Ceux-là doivent être assurés par le financement de soutien récurrent faisant retour aux équipes.

 

Les séminaires « ouverts » qui émergent des équipes pourraient être à la base de « Transverses » plus fréquentes, portées tour à tour par différentes équipes ou consortium et orientées vers l’émergence, l’invention, l’innovation. Mieux, ces séminaires ouverts et collaboratifs pourraient, plus loin servir de socles à des regroupements d’équipes, les UMR (Unités mixtes de recherche) qui sont justement les pièces de base de la mutualisation de la recherche (mixtes). Les UMR rapprochent des équipes qui restent identifiables mais qui se donnent une vitrine en commun par le thème, la région, le problème, la posture partagés (un seul suffit).

 

Professionnaliser la recherche

 

Les UMR sont la possibilité de professionnaliser la recherche dans son organisation. Dotés de personnels rapprochant ITA du CNRS et BIATOS de l’Université, elles accompagnent les chercheurs au plan de la gestion décentralisée, en phase avec les services centraux régulateurs. Elles assurent un contact permanent entretenu entre chercheurs qui doivent ensemble répondre à la nécessité du bilan.

 

L’UMR est un lieu où se croise la plus grande diversité dans la plus grande proximité. L’UMR c’est la densité qui répond justement à cette injonction de visibilité. Elle ne nuit pas aux travaux personnels ; elle les enrichit, elle les ouvre, elle les prolonge. C’est un chantier à ouvrir que l’ "UMRisation" par la mutualisation des compétences qui existent déjà. Mais il faut atteindre le point où l’université prend conscience qu’elle est le lieu où s’organise la recherche en même temps qu’elle est celui la recherche qui se produit. Il y faut du personnel BIATOS attaché aux équipes. Il y faut un lieu et un animateur scientifique, un veilleur plutôt, à l’écoute et à la jonction des équipes. Encore une fois, nous ne pouvons faire qu’avec l’existant, mais il faut faire autrement sans multiplier les instances.

 

L’Ecole doctorale

 

Elle est le premier lieu où se croisent la formation et la recherche. Elle est une composante de l’Université au même titre que les UFR qui, malgré l’R, ne sont plus les cadres de la recherche. Elle est en lien constant avec les équipes et les UMR. Nul besoin de doubler les formations, la mutualisation est là aussi le maître mot. Les équipes s’investissent dans l’École doctorale comme elles s’investissent dans l’établissement en construisant une image et la preuve de la pertinence contemporaines des humanités. Pour cela, quand les équipes soignent la spécialité, l’École doctorale offre aux jeunes chercheurs l’ouverture qui leur permet de rester au monde.

 

Des États généraux de la recherche

 

Ils sont nécessaires à cette mobilisation. Si la politique scientifique de l’établissement assure la dotation des équipes dans le cadre du contrat devenu quinquennal, ce qui était alloué aux axes prioritaires dont l’intention était louable mais qui n’ont pas atteint leur but, doit justement servir au soutien de cette émergence collective. Aller vers les UMR sur projet, soumissionner auprès de l’ANR et pourquoi pas l’Europe, en tout cas la Région. Mettre en place la subsidiarité qui manque.

 

 

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Une politique de recherche créative, engagée et solidaire, recentrée sur les équipes et laboratoires.

La politique de recherche de notre établissement doit encourager la créativité, l’innovation et stimuler les rencontres interdisciplinaires qui renouvellent les objets, les approches, les périmètres de la recherche. Elle ne doit pas, elle aussi, verser dans le pilotage forcené. La recherche est l'affaire, la responsabilité et la sensibilité de chacun de ses participants. C'est leur activité qu'il faut soutenir et non leur  limitation (axes) et leur pénurie (moyens et autonomie) qu'il faut organiser. Il faut encourager nos enseignants-chercheurs aux projets Région, ANR, et européens, sources de financement, facteurs d’activité et de visibilité, vecteurs d’insertion dans des réseaux élargis. Pour autant, la politique de recherche ne doit pas susciter une inflation des sollicitations et un alourdissement des procédures administratives. C’est pourquoi il importe de replacer les équipes et unités de recherche dans leur rôle de socle premier des activités de recherche des enseignants chercheurs, ainsi que des doctorants qui doivent faire l’objet d’un soutien renforcé.

A la lumière des récentes expériences, il n’est pas certain que l’impact des manifestations à l'échelle de l'établissement ait été à la hauteur des ambitions, des coûts et de l'énergie consacrée. Ce sont les équipes qui doivent proposer, animer et manifester. Elles doivent être aidées en cela, y compris par les services communs (Logistique, Communication, Système d'information) qui doivent soutenir l’ensemble de nos activités.

Enfin, la politique de recherche ne doit pas être le moyen d’exacerber au niveau de l’établissement une politique nationale de mise en concurrence des projets, des laboratoires et des chercheurs. Elle doit au contraire être le moyen de réaffirmer notre attachement au principe de solidarité qui nous permet d’exister et de travailler en tant que communauté.

Rééquilibrer, simplifier la gestion et imaginer l'avenir

Le bilan  honnête de la politique de soutien aux projets d’établissements sur axes prioritaires doit être fait. Cet étage supplémentaire n’a pas porté ses fruits,  tout en affaiblissant les équipes. Celles-ci doivent au contraire être renforcées comme vecteurs de visibilité nationale et internationale de notre établissement. Un pilotage trop dirigiste se heurte à la réalité d’une recherche où créativité et inventivité ne se décrètent pas. Il faut libérer la recherche des cadrages préconçus et redonner la priorité aux équipes dans la définition d’une politique scientifique commune et cohérente - imaginée ensemble. Les projets engagés seront menés à terme mais il faut s’interroger sur le bien-fondé du cadrage par des axes prioritaires, dont l’enveloppe budgétaire dédiée pourrait être réallouée aux équipes et U.M.R. L’enveloppe réservée aux « projets blancs» devrait cibler spécifiquement les projets émergents et inter-équipes pour préserver un espace d’incubation vital, notamment vers les appels à projets Région et ANR.

Le partenariat avec le Conseil Régional d’Aquitaine sera renforcé. Le principe du soutien aux projets Région sera conforté et les incitations à participer à ces projets seront optimisées, en ciblant les équipes non encore impliquées, grâce à un meilleur calendrier, au soutien d’une cellule ingénierie de projet renforcée au sein de la Direction de la Recherche. Cette mission sera confortée comme prioritaire dans les attributions de la Direction, en liaison avec un(e) chargé(e) de mission aux projets scientifiques. Seront également soutenus spécifiquement les projets tissant des partenariats avec la société civile, vecteurs d’insertion et de valorisation.

Enfin, le budget d’aide aux doctorants de l’Ecole doctorale sera abondé et la part d’aide aux doctorants sera un des paramètres du calcul du budget des équipes.

Edifier la Recherche : des locaux adéquats

L’échec de la mandature précédente à concrétiser le projet annoncé et légitime d’une Maison de la recherche ne doit pas sonner le glas de cette ambition.

Il est impensable qu’une université comme la nôtre ne soit dotée d’aucune structure immobilière dédiée à la recherche.  La misère matérielle actuelle des équipes « d’accueil »  dépourvues de bureau ou salle de réunion est inacceptable. Il est inconcevable que notre université ne puisse héberger les manifestations scientifiques de ses équipes d’accueil. L’épuisante et souvent infructueuse chasse aux lieux de colloque ou de réunion doit cesser.

Il n'y a pas lieu pour autant de se satisfaire de solutions provisoires. Dans l'immédiat et en l'état, la MPI accueillera les équipes actuellement non-pourvues de bureaux ; des salles de réunion, une grande salle de colloque et trois salles moyennes (journées d’études, soutenances de thèses, conférences) leur y seront proposées. Un secrétariat dédié, mutualisé leur y sera affecté. Ces locaux seront également proposés à l’école doctorale, pour soutenances, séminaires et conférences. Cette mesure transitoire ne saurait néanmoins nous satisfaire à moyen terme. Il faut imaginer et créer une Maison de la Recherche digne de ce nom, séduisante, accueillante, adaptée au travail et aux rencontres. Ce projet, jamais pour l'heure, ni conçu dans sa représentation ni décrit dans ses espaces doit être inscrit prioritairement, sous notre impulsion, au prochain Contrat de Projet Etat-Région en 2013-2014.

Une recherche solidaire

La politique de recherche d’établissement doit permettre de résister au développement national des logiques concurrentielles et managériales du libéralisme économique, telles qu’elles se concrétisent actuellement dans les projets Idex et Labex.

Elle doit réaffirmer notre adhésion à des principes de cohésion et d’échange qui, en même temps qu’ils dynamisent la recherche, permettent notre survie en tant que communauté. La politique des primes de recherche (PES – Prime d’Excellence Scientifique) et des congés pour recherche et conversion thématique, qui, dans le cadre de l’accès aux RCE, deviendra le ressort exclusif de l’établissement, doit concrétiser ces principes de solidarité en reposant la question de la hiérarchisation des PES. L'ensemble de ces dispositifs doivent être pensés dans une logique de ressources humaines qui remédie aux difficultés à chercher et produire la recherche.

Par ailleurs, la recherche doit être diffusée. Mais le fonctionnement et la politique éditoriale du principal outil de diffusion, les Presses Universitaires de Bordeaux, doit faire l’objet d’une clarification et d’un contrôle du Conseil Scientifique. La dissémination des collections doit être repensée, de même que la multiplication parfois redondante des outils de publication.

 



28/02/2012
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